"La France est l'amie des Etats-Unis", c'est du moins ce que Nicolas Sarkozy a rappelé lors de son discours devant le Congrès américain. Quelques heures après sa visite éclair (26 heures) en Amérique, les journaux semblaient unanimes, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis : Nicolas Sarkozy avait conquis le coeur des Americains. Même la gaffe du président français au sujet de l'origine de Condoleeza Rice n'a pas choqué la population outre atlantique : sur le site de Foxnews, il n'est question que d'une "minor gaffe" (petite gaffe).
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles entre Nicolas Sarkozy et les Etats-Unis ? Pas si sûr...
Certes, les Américains sont prêts à passer l'éponge sur l'épisode de l'émission 60 minutes, lorsque Nicolas Sarkozy a quitté le plateau, excédé par une des questions de la journaliste.
Mais les Américains sont beaucoup moins indulgents lorsqu'on aborde le coup de fil passé par Sarkozy à Hillary Clinton, candidate démocrate à l'élection présidentielle. Dans le Washington Post, Michael Abramowitz met le doigt sur ce détail et présente le président français comme un pro-américain excessif et prévoyant. En réaction à cet article, les commentaires, très nombreux, sont sans illusions quant à l'attitude intéressée de Nicolas Sarkozy.

La presse américaine relève aussi l'absence de l'Irak dans le discours du président français. Dans le New York Times, un journaliste souligne que Sarkozy n'a pas prononcé un seul mot au sujet de la guerre en Irak. Une gêne entoure ce silence, et bien souvent, les rappels des faits se passent de commentaires.
Ce qui dérange, outre-atlantique, c'est peut-être que Nicolas Sarkozy en ait fait trop d'un côté, et pas assez de l'autre. Un bloggeur américain affiche sa surprise face à un président français "plus américain que certains démocrates". Il a mis en ligne la vidéo du discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès américain, ce qui donne l'occasion d'entendre le président français qualifier les Etats-Unis de "plus belle nation."
Les Américains ont été flattés de la visite de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis. Mais ils auraient sans doute préféré un peu plus d'honnêteté, et un peu moins de manières.

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