vendredi 9 novembre 2007

Couac à l'ONU pour Sarkozy


La presse française et américaine s'est fait l'écho du succès de la visite de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis. Tous s'accorde à saluer le retour en grâce outre-atlantique de la France depuis le 6 mai dernier et l'élection de "Sarko the american".

Dans ce concert de louanges et de contentement mutuel, une légère fausse note a été émise au siège des Nations Unies à New-York. Un article d'Etienne Flandre, paru sur Rue 89, détaille les critiques envers le président français de Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance, s'inquiétant d'une tendance récente de "légitimation intellectuelle du racisme (…) sous couvert de la défense de l’identité et de la sécurité nationale".

Ces déclarations font suite au désormais fameux "discours de Dakar", où Nicolas Sarkozy devant un parterre d'étudiants et d'universitaires sénégalais, avait notamment estimé qu'un des problèmes de l'Afrique était qu'elle "vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance". Des propos très peu appréciés sur place, qui pour certains rappellaient un discours emprunt d'une condescendance toute néo-coloniale. Plus récemment, la polémique avait enflé en France, à l'occasion de l'accusation de racisme de Bernard Henri-Lévy contre Henri Guaino.

La tribune du diplomate onusien a levé un vent de panique parmi la délégation française qui a tout de suite répondu en qualifiant ces accusations d' "infondées et irresponsables". Doudou Diene n'en est d'ailleurs pas à ses premières critiques envers la politique de Nicolas Sarkozy. En juin dernier, il avait fustigé la création du ministère de l'immigration et de l'identité nationale, considérant qu'elle ouvrait la voie vers une banalisation du racisme.
Dans les rangs français, on veut rappeler que Nicolas Sarkozy, dans sa politique comme dans ses propos, a toujours lutté contre le racisme et les discriminations.

La présence de plusieurs ministres et secrétaires d'Etat issues des minorités tombaient d'ailleurs à point nommé. Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara sont autant de preuves d'une bonne foi brandie, alors que dans le même temps ces dernières se défendent d'être les cautions "diversité" du gouvernement. Un discours qui n'a pas eu de mal à passer dans les médias français et américains. Pourtant, dans une tribune en réponse au discours de Dakar sur le site d'Africultures, l'historien camerounais Achille Mbembe rappelait justement : "A l’époque coloniale, il y avait plus de ministres d’origine africaine dans les cabinets de la République et les assemblées qu’aujourd’hui"... Ironie d'une histoire de France décidément toujours empêtrée dans son passé colonial.

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