vendredi 9 novembre 2007

Sarkozy à Washington : french kiss et langue de bois

La visite du président français à son homologue américain sucite une polémique au Royaume-Uni. Nicolas Sarkozy profiterait selon la presse anglaise, du départ de Tony Blair pour occuper la place de favori des Etats-Unis.

photo AFP - 8-11-2007
Le nouveau Premier ministre britannique, Gordon Brown, se démarque de son prédécesseur. Il entretient des relations moins chaleureuses avec l'outre-atlantique. Une distance que Nicolas Sarkozy n'hésite pas à exploiter. Il l'a répété tout au long de son discours prononcé devant les parlementaires américains, la France et les Etats-Unis sont "des amis, des alliés depuis toujours et pour toujours.". Le site de France Info propose d'écouter un extrait de l'allocution du président français.

Un discours qui lui vaut d'être surnommé par Le Guardian de "nouvelle pin-up européenne des Etats-Unis". Récemment, le Times faisait allusion au commentaire du sous-secrétaire d'Etat américain, Nicholas Burns. Le diplomate a déclaré au sujet des rapports entre les Etats-Unis et l'Angleterre que "le vent a vraiment tourné dans cette relation". Il est loin le temps où George Bush clamait que "l’Amérique n’avait pas de plus vrais amis que la Grande Bretagne.". C'était en 2001, peu après les attentats du World Trade Center, lors de son discours au Congrès.

La visite de Nicolas Sarkozy n'échappe pas à l'humour british. Selon le Times, c'est en qualité de "bachelor" (célibataire) que le French president s'est déplacé au Congrès. Le journaliste démarre son article par ces mots : "love affair". Alors, ironie ou jalousie de la part des célèbres quotidiens anglais ?
La presse française se moque aussi de cette nouvelle love affair entre le célibataire Sarkozy et son homologue américain.
couverture du numéro du 8-11-2007

Baiser empoisonné
Le rapprochement franco-américain n'est pas sans rique. C'est un diplomate français, selon le monde.fr, qui a averti le chef de l'Etat français. Trop de proximité avec G. Bush pourrait nuire à Nicolas Sarkozy. Le Times est plus précis. L'édition du 8 novembre 2007 révèle que c'est Hubert Védrine qui a rappelé que Tony Blair, en s'affichant aux côtés des Américans en Irak, avait vu sa côte de popularité chuter.

L'ancien premier ministre anglais s'était vu à l'époque affublé du surnom "caniche de George Bush". Le 8 mars 2002, le Daily Mirror avait titré "Howdy, Poodle!", ce qui veut dire en américain "Salut, caniche!". Quelques jours plus tard, dans une interview accordée au même tabloïd, George Michael accusait le Premier ministre d'être réellement le caniche de Bush. Il intitulait alors une de ses chansons "Shoot the dog" ("Tirez sur le chien") et réalisait un clip ridiculisant Tony Blair.



Baiser frileux

La "love affair" entre Sarkozy et G. Bush n'échappe pas aux traditionnelles tensions franco-américaines, comme le souligne Charles Bremner, correspondant à Paris du Times. Dans sa conversation avec son rédacteur en chef, Daniel Finkelstein, il rappelle que Sarkozy n'a pas évoqué les dossiers sensibles comme l'Irak ou Guantanamo.

Il s'agirait d'une décision stratégique de la part du chef de l'Etat français. Avec ce changement de forme plus que de fond, N. Sarkozy préserve sa popularité en hexagone tout en séduisant les Américains. C'est ce que soutient Justin Vaïsse, chercheur à la Brookings institution de Washington, dans sa réaction à l'article de Pierre Haski, publié sur le site rue89.com.

Nicolas Sarkozy compte sur les Etats-Unis pour limiter le réchauffement climatique.

"Le développement durable mérite mieux que les discours. Il exige aujourd'hui d'avoir le courage d'agir." Il y a un an, dans une tribune parue dans le Figaro (8 novembre 2006), Nicolas Sarkozy faisait de la défense de l'environnement une de ses priorités.

Quelques jours après avoir reçu Al Gore à Paris lors du Grenelle de l'environnement, le Président français a de nouveau enfilé son costume de défenseur de la planète à l'occasion de son séjour aux Etats-Unis. Dans son discours devant le Congrès, il n'a pas hésité à insister sur le rôle primoridal que doivent jouer les Américains dans la lutte contre le réchauffement climatique. Sujet sensible quand on sait que les Etats-Unis n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre. Nicolas Sarkozy a déclaré que "ceux qui aiment le pays des grands espaces, des parcs nationaux, de la nature protégée, attendent de l'Amérique qu'elle prenne, aux côtés de l'Europe, la tête du combat contre le réchauffement climatique qui menace de destruction notre planète". Et d'ajouter: "Je sais que le peuple américain, à travers ses villes et ses Etats, est chaque jour plus conscient des enjeux et déterminé à agir (...). Nous avons besoin de l'Amérique pour protéger la planète dans son environnement".

Ce discours fait échos aux propos tenus par Yannick Jadot, , en mai dernier. Le responsable des questions climat à Greenpeace souhaitait "que Nicolas Sarkozy rejoigne Tony Blair et Angel Merkel sur l'appel aux Etats-Unis à faire des efforts sur la négociation climatique, c'est important (.) Ce qui nous parait encore plus important, c'est de bien clarifier que les Etas-Unis doivent rejoindre le processus de négociation de Kyoto".

Déjà décrié après le Grenelle de l'environnement - "Sarkozy, roi de l’esbroufe" clamait un militant de la LCR - , le Président de la République ne fait pas l'unanimité. Son voyage a inspiré les internautes, étonnés de voir Nicolas Sarkozy participé à sa manière au réchauffement climatique. "Et hop, il prend un avion direction les USA, fait un joli discours et zou, il revient!!!" ironise un blogueur.

Sarkozy, french from the outside ?

"Grosse gaffe" ou " petite maladresse"? Tout dépend de quel côté de l'océan on se situe.

Dans un entretien accordé au New York Times le 21 septembre, Nicolas Sarkozy qualifie la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, entre autres personnalités politiques américaines, d'"Américaine de l'extérieur". Légère erreur d'appréciation. En effet, sur au moins trois générations, les aïeuls de "Condi" sont 100% made in usa. Le président français récidive à la tribune du French American Business Council de Washington le 6 novembre.



Côté français, peu de remous. Un internaute souligne sur le blog d'actualité, lePost.fr, que cette bévue est passée quasiment inaperçue en France. Mais sur la toile, quand le sujet est abordé, les réactions sont vives. Sur Rue89, certains internautes y voient une nouvelle illustration de l'incompétence du chef de l'Etat.

Côté anglais, on salue la performance de Nicolas Sarkozy qui n'a commis, somme toute, qu'UNE SEULE petite maladresse en deux jours passés à Washington.

Plus indulgents, la presse outre-atlantique qualifie les propos du président français de "gaffe mineure", un qualificatif lancé par l'agence Associated Press et relayé par tous les médias...
Quand on aime, on pardonne ...




L'Iran au coeur du voyage présidentiel aux Etats-Unis

"Essayez donc d'embrasser quelqu'un en mettant les mains devant vos yeux". Les relations franco-américaines fleurent bon l'entente cordiale. Les deux présidents se sont rencontrés et congratulés. Nicolas Sarkozy a ainsi énuméré, tout au long de son discours devant le congrés américain, la liste des sujets sur lesquels les deux pays se rejoignent. Tous, pour faire simple. «Mercredi, Bush et Sarkozy auraient pu lire le même discours», synthétise James Gerstenzang dans le Los Angeles Times.

Sur l'Iran, les deux chefs d'Etat affichent des points de vue similaires. Le président français répète dès lors qu'il est "Inacceptable" que l'Iran puisse se doter de l'arme nucléaire. Le peuple iranien « mérite mieux que les sanctions et l’isolement croissants auxquels le condamnent ses dirigeants. », a-t-il dit. Selon francematin.fr, "M. Sarkozy a habilement mêlé les compliments pour les USA aux affirmations d'indépendance européenne et française, laissant entendre une bonne entente des deux côtés de l'océan plutôt qu'une soumission de l'une des deux parties".

Pourtant, certains éditorialistes reprochent à Nicolas Sarkozy d'éviter les sujets qui fâchent, tel l'Irak, et de jouer un jeu dangereux en s'alignant systématiquement sur les positions américaines. C'est le cas de Patrick Fluckiger, dans l'Alsace, qui s'interroge: "Que fera Nicolas Sarkozy si les Etats-Unis décident, demain, de bombarder l'Iran? Suivra-t-il George Bush ? Son amnésie irakienne, tout comme le ton belliqueux de Bernard Kouchner à l'égard de Téhéran, il y a quelques semaines, peuvent le faire craindre".

François Noudelmann, sur Libération.fr, se demande si Nicolas Sarlozy "sait à qui il s'adresse en déclarant l'amour de la France aux Etats-Unis". Lui reprochant d'en faire trop devant une Amérique qui a déjà "tourné la page Bush", l'éditorialiste conclut en affirmant que "les relations franco-américaines sont condamnées à la parodie, celle de George Washington et La Fayette en habits d’Halloween". Le régime iranien peut trembler.

Cet extrait vidéo de CNN dévoile la position franco-américaine sur le nucléaire iranien.

Sarko aux USA : l'oeil sarcastique des bloggers français

Pas de doutes : dès que le sujet Nicolas Sarkozy est abordé, les internautes sont intarissables. Son dernier voyage express aux Etats-Unis n'échappe pas à la règle. D'autant plus que le discours enflammé énoncé par le président de la République devant le Congrès Américain suscite quelques controverses. La toile s'interroge : le président devait-il faire une telle déclaration d'amour à l'Amérique, alors que la population française est réputée pour ne pas avoir d'attirance particulière pour les USA ?
Sur cette question, aucun blogger ne fait l'unanimité. Comparant Nicolas Sarkozy à un petit chien qui suit son maître Bush, les internautes sont souvent moqueurs. Le site Sarkostique développe un oeil encore plus critique : et si, pour remplacer Cécilia, l'Amérique était la nouvelle conquête amoureuse de Sarkozy ? Le dessinateur Placide explique le rêve américain de Sarkozy par sa folie des grandeurs. A l'inverse, certains bloggers veulent montrer leur attachement au président. Pour un rédacteur d'Agoravox, grâce à Sarkozy, aujourd'hui, "il ne fait plus honte de s'afficher pro-Américain en Europe".
Certains internautes cherchent davantage d'explications. En s'appuyant d'abord sur de larges extraits de son discours devant le Congrès. Une façon de pointer du doigt tous les efforts déployés par Sarkozy pour présenter la France comme l'amie éternelle de l'Amérique. Certains essaient plutôt de comprendre comment la situation est perçue Outre-Atlantique. Un regard étranger pour développer un sens critique.
En tout cas, le voyage présidentiel aura fait grand bruit. La stratégie de communication du président interpelle d'ailleurs un large nombre d'internautes. Si ce rapide voyage était un moyen pour ne pas avoir à essuyer les questions des journalistes sur le bilan de ses six premiers mois à l'Elysée, "well done" !

L'amour parfait... ou presque

"La France est l'amie des Etats-Unis", c'est du moins ce que Nicolas Sarkozy a rappelé lors de son discours devant le Congrès américain. Quelques heures après sa visite éclair (26 heures) en Amérique, les journaux semblaient unanimes, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis : Nicolas Sarkozy avait conquis le coeur des Americains. Même la gaffe du président français au sujet de l'origine de Condoleeza Rice n'a pas choqué la population outre atlantique : sur le site de Foxnews, il n'est question que d'une "minor gaffe" (petite gaffe).

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles entre Nicolas Sarkozy et les Etats-Unis ? Pas si sûr...

Certes, les Américains sont prêts à passer l'éponge sur l'épisode de l'émission 60 minutes, lorsque Nicolas Sarkozy a quitté le plateau, excédé par une des questions de la journaliste.




La presse US met la mauvaise humeur présidentielle sur le compte de ses difficultés conjugales, sans manquer de rappeler que son divorce est un sujet très sensible.

Mais les Américains sont beaucoup moins indulgents lorsqu'on aborde le coup de fil passé par Sarkozy à Hillary Clinton, candidate démocrate à l'élection présidentielle. Dans le Washington Post, Michael Abramowitz met le doigt sur ce détail et présente le président français comme un pro-américain excessif et prévoyant. En réaction à cet article, les commentaires, très nombreux, sont sans illusions quant à l'attitude intéressée de Nicolas Sarkozy.



La presse américaine relève aussi l'absence de l'Irak dans le discours du président français. Dans le New York Times, un journaliste souligne que Sarkozy n'a pas prononcé un seul mot au sujet de la guerre en Irak. Une gêne entoure ce silence, et bien souvent, les rappels des faits se passent de commentaires.

Ce qui dérange, outre-atlantique, c'est peut-être que Nicolas Sarkozy en ait fait trop d'un côté, et pas assez de l'autre. Un bloggeur américain affiche sa surprise face à un président français "plus américain que certains démocrates". Il a mis en ligne la vidéo du discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès américain, ce qui donne l'occasion d'entendre le président français qualifier les Etats-Unis de "plus belle nation."

Les Américains ont été flattés de la visite de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis. Mais ils auraient sans doute préféré un peu plus d'honnêteté, et un peu moins de manières.












Les villepinistes en pétard

La récente apologie des Etats-Unis faite par Nicolas Sarkozy a fait pâlir les villepinistes de la dernière heure.

La France est l'amie des Etats-Unis d'Amérique…Le président de la République l'a dit et redit lors de son voyage officiel outre-atlantique en début de semaine. Les deux pays peuvent donc reprendre leur longue histoire d'amour. Chabadabada.

Oubliées les imprécations du Général de Gaulle, effacés les récriminations de Georges Pompidou, de Valery Giscard d'Estaing, les atermoiements de François Mitterand, et surtout chassé le discours, l'heure de gloire de Jacques Chirac et Dominique De Villepin, devant le Conseil de sécurité de l'ONU à la veille de l'invasion de l'Irak. Bref, la France revit aux sons d'Elvis Presley. Love me tender.

Mais ce soudain retour de flamme n'est pas s'en déplaire à certains. Premier à s'arracher sa tignasse, De Villepin. Suivi de ses amis les villepinistes. L'ancien Premier ministre a estimé que la France devait jouer un rôle d' "aiguillon" pour tenter de faire évoluer les Etats-Unis sur un certain nombre de grands dossiers internationaux.

Un avertissement à un Sarkozy qui n'a pas mentionné pendant ces deux jours de voyage le désaccord franco-américain sur l'Irak. Sur les blogs villepinistes, l'ambiance est à la grogne.
Un retour de flamme?

L'hyperprésident vu de l'extérieur

La presse française regorge d'articles sur l'hyperactivité de Nicolas Sarkozy. Mais comment le marathon élyséen est-il perçu à l'étranger?

Le Baltimore Sun s'interroge : "Y a-t-il un risque que l'opinion publique française se lasse de son hyperprésident?". En six mois, le nouveau président a opéré un virage à 180° par rapport à Mitterrand et Chirac, très absents de la politique intérieure. Il ne délègue rien à François Fillon, son premier ministre-collaborateur.

Jonathan Steele du Guardian le considère comme le berlusconi français. Le Président français se fait un nom mais pas forcément pour les bonnes raisons. "Les paillettes des sommets internationaux sont séduisantes. Néanmoins même à l'ère de la télévision de masse, les dirigeants européens sont toujours jugés sur leur politique interieure."

A l'étranger, il se prend les pieds dans le tapis. Karen Tumulty, pour Time magazine, juge que "Sarko l'Américain" fait des raccourcis quand il s'agit de comparer "Condi Rice" et Rama Yade.

L'institut de sondage Harris Interactive a mené, pour France 24 et le International Herald Tribune, une étude sur la popularité des dirigeants de six pays (Etats-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne et Italie). Résultat : Nicolas Sarkozy est plus populaire que son prédécesseur sauf en Allemagne où il perd 22 points.

Sa côte ne serait pas si haute, non plus, auprès des dirigeants européens auxquels il vole la vedette, selon l'analyse de Karen Bennhold pour le International Herald Tribune (vidéo disponible sur le site du New York Times).

Peut-être les journalistes sont-ils les plus sévères à l'égard du président français. En France et à l'étranger, le pourcentage d'opinions favorables est supérieur aux scores enregistrés par Chirac. Comme le Baltimore Sun le souligne, "la lune de miel ne dure qu'un an. L'opinion publique française pourrait se retourner contre lui l'année prochaine. S'il n'a pas de résultats concrets, il aura des problèmes".

Couac à l'ONU pour Sarkozy


La presse française et américaine s'est fait l'écho du succès de la visite de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis. Tous s'accorde à saluer le retour en grâce outre-atlantique de la France depuis le 6 mai dernier et l'élection de "Sarko the american".

Dans ce concert de louanges et de contentement mutuel, une légère fausse note a été émise au siège des Nations Unies à New-York. Un article d'Etienne Flandre, paru sur Rue 89, détaille les critiques envers le président français de Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance, s'inquiétant d'une tendance récente de "légitimation intellectuelle du racisme (…) sous couvert de la défense de l’identité et de la sécurité nationale".

Ces déclarations font suite au désormais fameux "discours de Dakar", où Nicolas Sarkozy devant un parterre d'étudiants et d'universitaires sénégalais, avait notamment estimé qu'un des problèmes de l'Afrique était qu'elle "vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance". Des propos très peu appréciés sur place, qui pour certains rappellaient un discours emprunt d'une condescendance toute néo-coloniale. Plus récemment, la polémique avait enflé en France, à l'occasion de l'accusation de racisme de Bernard Henri-Lévy contre Henri Guaino.

La tribune du diplomate onusien a levé un vent de panique parmi la délégation française qui a tout de suite répondu en qualifiant ces accusations d' "infondées et irresponsables". Doudou Diene n'en est d'ailleurs pas à ses premières critiques envers la politique de Nicolas Sarkozy. En juin dernier, il avait fustigé la création du ministère de l'immigration et de l'identité nationale, considérant qu'elle ouvrait la voie vers une banalisation du racisme.
Dans les rangs français, on veut rappeler que Nicolas Sarkozy, dans sa politique comme dans ses propos, a toujours lutté contre le racisme et les discriminations.

La présence de plusieurs ministres et secrétaires d'Etat issues des minorités tombaient d'ailleurs à point nommé. Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara sont autant de preuves d'une bonne foi brandie, alors que dans le même temps ces dernières se défendent d'être les cautions "diversité" du gouvernement. Un discours qui n'a pas eu de mal à passer dans les médias français et américains. Pourtant, dans une tribune en réponse au discours de Dakar sur le site d'Africultures, l'historien camerounais Achille Mbembe rappelait justement : "A l’époque coloniale, il y avait plus de ministres d’origine africaine dans les cabinets de la République et les assemblées qu’aujourd’hui"... Ironie d'une histoire de France décidément toujours empêtrée dans son passé colonial.

Sarkozy préfère l'Amérique à l'anglais

"Sarkozy l'Américain" parle t-il l'anglais ? Mardi 6 novembre, devant les membres du Congrès, le Président français a prononcé l'intégralité de son discours en français. Well done. Il a quand même pensé à gratifier ses hôtes d'un "Ladies and gentlemen. The state of our friendship and our alliance is strong". 13 mots prononcés en anglais, c'est peu. Surtout que le long discours de Sarkozy fait état à plusieurs reprises de son amour pour la culture made in USA. "Dans l'imaginaire de ma génération, il y a John Wayne, Charlton Heston, Marilyn Monroe, Rita Hayworth." Plus loin, Sarkozy revient tendrement, ses yeux embués de nostalgie, sur Hollywood et les films américains qui ont bercés son enfance. En VF, on s'en doute.

Il aime tant l'Amérique. Il ne parle pas l'anglais. A New York l'an dernier, il rend hommage à Nicholas Shopetta, le chef des pompiers de la ville par un "I run. This morning. In Central Park. With T-shirt firefighters." Une journaliste du New York Times surprend l'aveu. Pas de jaloux, il porte aussi celui du NYPD, la police municipale de la ville. Le jogging, ou l'art de la diplomatie Sarkozy. Sur Youtube et Dailymotion, des clips moquent ses lacunes linguistiques. L'un d'entre eux "Sarkozy Zi American" condense les meilleurs interventions "anglaises" de notre président.

Le 28 Octobre dernier, lors d'une émission de la chaîne américaine CBS, il quitte le plateau au moment où la journaliste aborde la question Cécilia. En se levant, il s'en prend à son porte-parole David Martinon. Le "He is stupid" qu'il lui lance est bien français. Quel accent... Avant l'évènement, il avait bien sûr mené tout l'entretien en français, la journaliste lui posant des questions en anglais.

A son corps défendant, Nicolas Sarkozy reconnaît que son niveau est encore perfectible. Lors de son précédent voyage d'été, à Wolfeboro dans le New Hampshire, il pense à prevenir les journalistes juste avant la conférence de presse: "Ohhh, my english is so bad". Nicolas Sarkozy s'était fait la promesse de réconcilier les Français avec l'Amérique. Avec un tel niveau, il nous fait déjà aimer l'anglais.

La "gaffe" de Nicolas Sarkozy: un non-évènement

Le discours du président français devant les Français de Washington, prononcé mardi après son arrivée, a été particulièrement remarqué. Et ce, notamment pour une remarque faite à l'égard des trois derniers secrétaires d'Etat américains.

En voyage officiel aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy a vanté trois jours durant le système américain, prompt selon lui à promovoir les meilleurs éléments issus de l'immigration. Le meilleur exemple, à ses yeux: le fait que, depuis 21 ans, le chef de la diplomatie américaine soit "un Américain venu d'ailleurs".




Or, si ses précédesseurs, Madeleine Albright et Colin Powell, ont effectivement des origines étrangères directes, ce n'est pas le cas de l'actuelle secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, dont les grand-parents étaient déjà citoyens américains de l'Alabama. Signe d'une confusion entre nationalité et couleur de peau: être Afro-Américain, c'est-à-dire noir aux Etats-Unis, implique logiquement d'avoir des origines africaines, mais c'est le cas de tous les Américains, nation d'immigrés par excellence.

En France, l'erreur a été plus ou moins critiquée sur les sites d'information en ligne. Pour lemonde.fr, pas raison de polémiquer: l'article mentionne bien l'erreur de Sarkozy, mais sans commentaire. En revanche, pour le site d'information rue89, très critique à l'égard du président, il ne s'agit bel et bien d'une bourde.



Dans les médias américains, la dépêche de l'agence AP a été reprise par tous les principaux quotidiens du pays, mais l'information ne suscite pas plus d'émotion que de ce côté-ci de l'Atlantique.
Ainsi, que ce soit pour Newsvine, USA Today, ABC, ou le Denver Post, il ne s'agit que d'une gaffe mineure. Dans chacun de ces articles, l'intitulé reprend celui de la dépêche: "le président Sarkozy sous-entend que Mme Rice est une néo-Américaine."

Foxnews est le seul a employer ouvertement le terme d'"erreur", les autres médias préférant la formulation suivante, plus consensuelle: "il a sous-entendu de manière incorrecte".

Cette phrase n'a donc pas vraiment retenu l'attention ni des médias, ni du public américain: si l'article de l'agence AP a fait le tour des rédactions, il ne suscite pas de réactions outre mesure. Sauf celle d'un blogger turco-américain, qui nous fait part de son point de vue, après que l'information a été reprise et traitée par un quotidien turc, Milliyet. Il nous traduit le commentaire d'un visiteur plutôt haineux vis-à-vis du chef de la diplomatie américaine.

Bref, apparemment, pas de quoi que les Français en fassent un fromage : que leur Président bien-aimé se permette de grossiers raccourcis lors de voyages diplomatiques de première importance ou pas, l'Amérique ne s'émeut guère!

Nicolas Sarkozy : serial gaffeur ?

Quand Nicolas Sarkozy part en voyage aux Etats-Unis, c'est, dit-on, pour célébrer sa lune de miel avec le gouvernement de George W. Bush. Mais malgré tous ses efforts, une gaffe n'est pas passée inaperçue.

L'affaire est rapportée par de nombreux médias américains, notamment le New York Times. Côté français, si ce n'est Rue89, la presse effleure le sujet. Mardi dernier, le Président a cité Condoleezza Rice au milieu d’une liste de personnalités qui ne seraient pas complètement américaines.



Ce n'est pas la première fois qu'il commet cette erreur d'appréciation puisque le 21 septembre dernier, lors d'une interview donnée au New York Times, il avait déjà classé Condee Rice parmi les "Américains de l'extérieurs".

Ce qui n'a été qualifié que de "petite maladresse" par les médias outre-atlantique, devient une grosse gaffe pour de nombreux bloggeurs francophones. Sur le blog vlaanderen-resistance, on se contente de titrer "Encore une bourde pour Sarkozy", et de noter que si l'auteur du crime s'était appelé Chirac, son retentissement aurait été bien plus grand.

Luc Mandret, lui, s'insurge. Il compare la phrase de Sarkozy à une imaginaire déclaration lepéniste du genre
"Rachida Dati, Rama Yade et Fadela Amara, les ministres d'ouverture de Nicolas Sarkozy, sont des françaises venues d'ailleurs". Il s'interroge aussi. Là où lui voit du racisme, Associated Press parle de "gaffe mineure" et la presse française reste muette.Pour le blog "Faut résister", l'attaque est plus directe et accuse Nicolas Sarkozy de racisme.

Du côté des bloggeurs américains, c'est le calme plat. Sur le site democraticunderground.com, on peut quand même trouver quelques réactions à la gaffe présidentielle. Un internaute a trouvé l'excuse rêvée: notre Président ne serait-il pas perturbé par son récent divorce ?