photo AFP - 8-11-2007Le nouveau Premier ministre britannique, Gordon Brown, se démarque de son prédécesseur. Il entretient des relations moins chaleureuses avec l'outre-atlantique. Une distance que Nicolas Sarkozy n'hésite pas à exploiter. Il l'a répété tout au long de son discours prononcé devant les parlementaires américains, la France et les Etats-Unis sont "des amis, des alliés depuis toujours et pour toujours.". Le site de France Info propose d'écouter un extrait de l'allocution du président français.
Un discours qui lui vaut d'être surnommé par Le Guardian de "nouvelle pin-up européenne des Etats-Unis". Récemment, le Times faisait allusion au commentaire du sous-secrétaire d'Etat américain, Nicholas Burns. Le diplomate a déclaré au sujet des rapports entre les Etats-Unis et l'Angleterre que "le vent a vraiment tourné dans cette relation". Il est loin le temps où George Bush clamait que "l’Amérique n’avait pas de plus vrais amis que la Grande Bretagne.". C'était en 2001, peu après les attentats du World Trade Center, lors de son discours au Congrès.
La visite de Nicolas Sarkozy n'échappe pas à l'humour british. Selon le Times, c'est en qualité de "bachelor" (célibataire) que le French president s'est déplacé au Congrès. Le journaliste démarre son article par ces mots : "love affair". Alors, ironie ou jalousie de la part des célèbres quotidiens anglais ?
La presse française se moque aussi de cette nouvelle love affair entre le célibataire Sarkozy et son homologue américain.
couverture du numéro du 8-11-2007Baiser empoisonné
Le rapprochement franco-américain n'est pas sans rique. C'est un diplomate français, selon le monde.fr, qui a averti le chef de l'Etat français. Trop de proximité avec G. Bush pourrait nuire à Nicolas Sarkozy. Le Times est plus précis. L'édition du 8 novembre 2007 révèle que c'est Hubert Védrine qui a rappelé que Tony Blair, en s'affichant aux côtés des Américans en Irak, avait vu sa côte de popularité chuter.
L'ancien premier ministre anglais s'était vu à l'époque affublé du surnom "caniche de George Bush". Le 8 mars 2002, le Daily Mirror avait titré "Howdy, Poodle!", ce qui veut dire en américain "Salut, caniche!". Quelques jours plus tard, dans une interview accordée au même tabloïd, George Michael accusait le Premier ministre d'être réellement le caniche de Bush. Il intitulait alors une de ses chansons "Shoot the dog" ("Tirez sur le chien") et réalisait un clip ridiculisant Tony Blair.
Baiser frileux
La "love affair" entre Sarkozy et G. Bush n'échappe pas aux traditionnelles tensions franco-américaines, comme le souligne Charles Bremner, correspondant à Paris du Times. Dans sa conversation avec son rédacteur en chef, Daniel Finkelstein, il rappelle que Sarkozy n'a pas évoqué les dossiers sensibles comme l'Irak ou Guantanamo.
Il s'agirait d'une décision stratégique de la part du chef de l'Etat français. Avec ce changement de forme plus que de fond, N. Sarkozy préserve sa popularité en hexagone tout en séduisant les Américains. C'est ce que soutient Justin Vaïsse, chercheur à la Brookings institution de Washington, dans sa réaction à l'article de Pierre Haski, publié sur le site rue89.com.

